Ma plus grande déception, je l'ai eue l'année passée. C'est une histoire qui n'est pas encore complètement archiviée mais j'aimerais beaucoup le faire.
En aout 2001 j'ai rencontré quelqu'un. Ce jour là nous nous sommes regardés comme si nous nous étions toujours connus. Une espèce de coup de foudre. Quelque chose d'indescrivible... Pourtant nos vies se sont un peu divisées mais nous continuons à nous voir, en toute amitié. Mais une amitié particulière, quelque chose passait entre nous, c'est sur, nous l'avons senti tous les deux, et pourtant, rien ne s'est jamais passé. Il me trouvait trop jeune, moi je ressentais quelque chose de vraiment fort pour lui et je n'ai pas honte de le dire.
En 2002, j'étais en pleine dépression, et je pensais que je pouvais m'appuyer à quelqu'un pour m'en sortir. Il ne l'a pas compris et il m'a envoyé un sms en me disant que je me lamente tout le temps, comme Calimero. Ca peut vous faire rire, mais à moi pas... J'en ai beaucoup souffert car je me suis rendue compte qu'il ne me comprenait pas et qu'il ne comprenait pas que j'avais besoin de quelqu'un près de moi. Et à ce moment-là j'ai compris que je ne pouvais m'en sortir que toute seule. Quelques mois plus tard, il s'est excusé. Je l'ai pardonné, et je lui ai dit de ne plus recommencer, qu'il m'avait rendue très triste pendant tous ces mois sans se parler et de la façon dont il m'avait parlé j'étais restée très mal. Il avait l'air sincère...
En aout 2004, lors de mon "mariage raté", nous nous sommes un peu rapprochés. Par la suite, j'ai su par lui-meme qu'il aurait peut etre bien voulu se rapprocher de moi à ce moment-là et peut etre commencer une histoire...mais je suis partie. En novembre, j'ai quitté la Belgique pour rejoindre Enzo. Je ne regrette en rien ce choix. Enzo est quelqu'un de merveilleux et de parfait pour moi. Avec lui, au contraire, cela n'aurait jamais pu fonctionner, je le sais très bien!
En mai 2006, à l'occasion de la grande communion de ma nièce, je suis venue en Sicile avec Enzo. Après quelques jours il a du retourner en Sicile pour travailler mais moi je suis restée encore quelques jours à Bruxelles. Je l'ai revu, nous avons passé une soirée magnifique et nous nous sommes dit tout ce que nous ne nous étions jamais dit, tout en constatant que de toute façon j'avais fait ma vie et que cela n'aurait jamais pu fonctionner entre nous...
En aout 2008, je suis venue comme tous les ans en Sicile, mes dates étaient prévues depuis des mois et il n'a pas trouvé 5 minutes pour me voir. Quelques temps plus tard, en apprenant qu'il avait une copine, qu'il avait perdu son boulot, qu'il voulait quitter la maison de ses parents, etc, je ne l'ai plus du tout reconnu.. Je lui ai dit ce que j'en pensais tout en lui souhaitant de retrouver du boulot au plus vite, en étant sure qu'il y arriverait. Il l'a mal pris, en me reprochant d'avoir refait moi aussi ma vie, qu'il avait droit de faire la sienne, que si je n'avais plus d'amis ce n'était pas pour rien et que je refaisais Calimero. Trop c'était trop... Il n'aurait pas du... Alors vraiment il ne s'est pas rendu compte que j'avais changé? Surtout depuis la mort de mon père en janvier 2008? Il n'a vraiment pas compris que ma dépression était bien loin de moi, que j'étais devenue une femme, que je lui souhaitais juste d'etre heureux mais de faire attention à lui?
Depuis ce moment là, je l'ai enlevé de mes amis sur Facebook. Pas un mot, pas une réponse, pas un seul "comment ça va?", ou un "excuse moi si j'ai exagéré". Rien du tout. Depuis qu'il est tombé amoureux, je n'existe plus. Nous ne sommes plus amis. Nous ne l'avons probablement jamais été.
Aujourd'hui j'y pense, je me demande parfois s'il pense à moi, autant que je pense à lui parfois. Et pourtant, tout ce que je voudrais c'est le bannir de ma vie, de mes pensées, de mes souvenirs. Mais je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi. Il était si important...
Je voudrais tant archivier l'histoire, lui dire que tout est fini, que je ne veux plus qu'il existe à mes yeux, que nous ne pourrons jamais reconstruire ce qui a été détruit avec tant de méchanceté et d'inconscience.
Cela fait mal, encore, quand je pense à ma plus grande déception, qui a un nom, Stefano....mais je me releverai....un jour ou l'autre j'y arriverai....j'espère...